Art de Lhomé

  • Seul

    Seul dans ma tête, blessé par je n’sais quelle
    Peine que je traîne et l’ampleur de mes séquelles
    Me laisse seul ? comme un homme sur la place Tien An Men
    J’vais faire face aux chars de la bêtise humaine
    Seul dans ma tête, peut-être comme des millions
    A rêver d’une planète, un bout de terre pour mes opinions
    Ma vie me semble une toile de Picasso
    Si le monde est une prison, les autres sont mes barreaux
    Seule, sale, paradoxale et triste époque
    On se retrouve souvent tout seul à rechercher l’amour dans les chats
    A s’inventer des besoins dès que le moral se plaint
    A embrasser son chien plutôt qu’à saluer l’voisin
    Seule, sale, paradoxale et triste Europe
    On se retrouve par milliers à nier l’existence des autres
    Tête baissée dans des métros
    Bouches bées dans des ascenseurs qui montent...
    Seule comme Natasha Kampush dans 6 m2
    Ou ce chinois qui fabrique nos jouets dans une maison d’arrêt, seul
    Comme un message sur un répondeur le matin du 11 :
    « Je t’aime, j’ai peur »... la 1ère Tour s’effondre
    Seul comme Lumumba pris au piège du Katanga
    Ou le corps de Ben Barka dans le coffre de cette Simca
    Seul comme Jean Moulin, hurler mais ne pas parler
    Ou Paris de la Bollardière qui en Algérie, fut le seul…
    à refuser de Torturer
    Seul comme les parents de la petite Estelle Mouzin
    Nous on fête le nouvel an, eux comptent les années d’enlèvement
    Seul, comme Haïti en cette longue nuit de janvier
    Face à face avec la mort venue la chercher
    Comme Ilan Halimi au fond de cette chaufferie
    Zied et Bouna devant la porte du compteur électrique
    Comme Gaza face aux Raids Israéliens
    Et l’impossible réponse à la question de Maurice Audin
    Seuls et libres les assassins du petit Grégory
    Mme Imbert a choisit pour son fils l’euthanasie seule
    Parce qu’on est seul dans nos plus grandes épreuves
    Et la façon dont on vient au monde en est la preuve
    Je me sens seul dans ma tête, peut être comme des millions
    A rêver d’une planète, un bout d’terre pour mes opinions
    Ma vie me semble une toile de Picasso
    S’il monde est une prison les autres sont mes barreaux
    Je me sens seul dans ma tête
    peut être comme des millions
    A rêver que l’paraître ne remplace pas l’opinion
    Etrangement j’ai cherché mon coeur dans mon dos
    Si le monde est une prison je suis l’un des barreaux
    Ya des soirs où j’me sens seul à crever
    Sans savoir si c’est moi ou si c’est ce monde…
    qui m’donne envie d’pleurer